Arrêt du pâturage, préparation des rations d’hiver, récolte du maïs grain…les journées d’automne sont bien remplies à Bel Orient. L’occasion de préparer les futures performances hivernales et également la campagne de pâturage 2026.
Préparer notre saison d’herbe 2026
Le pâturage s’est terminé fin octobre. Malgré les conditions climatiques encore favorables, les valeurs alimentaires (moins de 15 % MAT) et la matière sèche de l’herbe pâturée (environ 10%) ne sont pas suffisantes pour nos objectifs de production (37 kg brut pour les holstein et 23 kg brut pour les jersiaises).
S’ouvre maintenant le chapitre « entretiens » : enlever les clôtures inter-paddocks, ranger et nettoyer les bacs, vérifier les flotteurs, apporter un amendement calcique . Sur les parcelles, plus éloignées et dédiées à la fauche, le sursemis de trèfle Mix Protéines® à une densité de 15 kg/ha a été réalisé début octobre avec le semoir Güttler®. Un travail qualitatif pour préserver la longévité des prairies sans les dégrader.
Piloter la ration avec des valeurs de fourrages connues…
En ration hivernale (de novembre à fin février), l’alimentation fourragère des vaches laitières repose exclusivement sur une base de foins séchés en grange. Nous adaptons les espèces et variétés à la valorisation et aux types de parcelles. Globalement, les vaches sont nourries avec des foins de mélange (Mix Fauche®), et des foins de luzerne (Mix Luz Nord Sud®).
Avant de démarrer l’hiver, l’heure est à l’état des lieux des stocks par qualité (foins rangés par qualité dans le bâtiment) et donc aux estimations de valeurs alimentaires.
Treize foins ont été analysés en laboratoire (doublé d’une analyse au NIR) avec des valeurs de MAT allant de11 à 19% avec des indicateurs de fibrosité (NDF de 440 à 590 g/ks MS) très variés permettant de faire jouer à plein la complémentarité des fourrages. L’objectif est ainsi de pouvoir orienter les foins aux jeunes, aux taries ou aux laitières en fonction de ce classement.
Par exemple, pour les vaches en lactation, la ration de base reposera principalement sur 2/3 de foins de graminées/légumineuses et 1/3 de foins de luzerne. Le foin de luzerne sera associé à deux foins différents mais complémentaires sur la protéine et les fibres (13-17% MAT et 558-474 g/kg MS de NDF respectivement).
Afin de limiter l’hétérogénéité dans le mélange des fourrages, d’économiser du carburant, de limiter l’usure des contre-couteaux du bol mélangeur, nous testons la calibration des foins avec une entreprise de travaux agricoles. La conception de la ration sera ainsi facilitée, plus homogène. La consommation d’un mois de foins pour les vaches laitières a été calibrée et stockée en vrac.
Un concentré énergétique basé sur un maïs grain de qualité
Le corollaire des rations basées sur le foin (qui apporte NDF mais aussi protéines) est la qualité de l’apport énergétique.
Le maïs grain est roi dans la composition des concentrés de production réalisés avec la FAF. Le choix de cette source énergétique est essentiellement lié à la plus lente dégradabilité de son amidon par rapport aux céréales à paille et donc son caractère moins acidogène. Bien moulu (avec une grille de 2 mm à la FAF), il représente une bonne source d’amidon by-pass, valorisé dans l’intestin.
A Bel Orient, nous sommes vigilants sur cette finesse : une fois passé au tamis, plus de 50 % des particules font moins de 0,6 mm (aspect « Maïzena »).
Cette année aura été favorable en termes de conditions de récolte et de rendement avec 21 ha battus et un rendement à la récolte de 104 quintaux/ha (Exemple de cartographie de rendement ci-dessous). Le maïs grain manquant est acheté et séché en local à moins de 10 km de l’exploitation.
Semer et préserver le sol
Le semis d’orge d’hiver a été réalisé en partie après une luzernière. Il a été réalisé en semis direct avec notre Cameleon (vitesse de 7 km/h, profondeur de semis de 2,5 cm et densité de 290 gr/m²), dans l’optique de préserver le sol et limiter les consommations en carburant.
Grâce à notre partenariat et équipement avec John Deere, la cartographie des rendements ainsi que les mesures de consommation des tracteurs (par modèle et par type de travail) nous permettent d’affiner notre conduite et ainsi adapter et réduire nos intrants (fertilisants, phytosanitaires mais aussi carburant) pour réduire notre coût de production et nos impacts.